Au mois d’août 2010, les castors de la ZNIEFF de VOUGY se sont retrouvés orphelins.

« J’ai été tour à tour braconnier, chasseur, garde-chasse et enfin protecteur de la nature ». Dans un grand sourire, Georges Lacroix résumait ainsi son parcours qui l’a conduit à présider le Conservatoire départemental d’espaces naturels (Asters). Revenir sur son parcours au travers ce billet est un dernier hommage que nous souhaitions rendre à cet humaniste, fervent défenseur de la nature.

Attaché à son territoire

C’est grâce à Georges LACROIX, qu’ASTERS (Agir pour la Sauvegarde des Territoires et des Espèces Remarquables ou Sensibles) a pu acquérir 5 hectares et bénéficier d’une autorisation d’occuper les terrains du domaine public fluvial de l’Arve, entre le Pont de Marignier et la commune de MARNAZ, soit plus de 20 hectares de terrain qui ont pu être laissé en zone naturelle.

Sur ce site qu’il visitait quotidiennement en venant trouver les castors, on peut voir des orchidées sauvages, des libellules, toutes sortes de canards et poules sauvages, etc.
Il était un fin observateur de la nature. Se promener à ses côtés était passionnant. Il s’était même familiarisé avec une bande de castors. Il les appelait et ils venaient manger dans ses mains.

Cet espace où l’homme ne peut rien entreprendre restera à jamais à l’état sauvage dans cette vallée à l’urbanisation galopante. Gageons que dans le futur tout un chacun prendra plaisir à se promener dans cette nature riche qui tend à se raréfier.

C’est ainsi qu’il contribue largement à la réintroduction du gypaète barbu dans nos montagnes et à la protection des castors avec lesquels il était devenu complice au point de comprendre leurs pensées. Son engagement s’est structuré au sein de l’Apège, devenue ASTERS, dont il a été le Président avant d’en être le Président d’honneur. Il s’est battu pour défendre et conserver quelques hectares de nature réellement sauvage, nature dont il était constamment à l’écoute afin de la préserver.

Profondément humaniste, tolérant et accessible, il a contribué à faire avancer de nombreux dossiers, facilitant le dialogue entre experts et élus. Georges Lacroix s’est éteint en le 3 août 2010 au matin à l’âge de 76 ans. Sa passion de la faune et de la flore qu’il aimait tant transmettre à ses petits-enfants lui survivra. Ses photos animalières demeurent comme autant de témoignages de cette nature qu’il avait au corps et au cœur.